Il n'y a aucune information valable dans tout le bruit que font les médias ! et je
vais vous dire, ça va plus loin que ça !« Ouai mon gars, ça va plus loin... Beaucoup plus loin ».
Comment expliquer que les gens écoutent les médias alors qu'à la radio, à la télé ou dans les journaux ils font tous la même merde ?
« Comment ? Ouais c'est vrai, comment t'expliques ça, hein ?
Eh bien je vais vous le dire moi ! Les gens écoutent toujours la même chose parce que ça les arrange ! Cependant, je veux pas vous faire de leçon sur quoi que ce soit ! Moi-même j'écoute la radio, je regarde la télé... Mais y a une raison précise à tout ça. Et vous savez ce que c'est ?
« Non, je sais pas ! Je veux pas savoir ! Vas-t-en ! Laisse ta place et dégage », dit Jacky. De grosses larmes lui coulaient à présent sur ses joues trempées de sueur.
Les fantômes.
Jacky poussa un hurlement terrifié et laissa tomber la radio. Encore plus effrayé à l'idée de l'avoir cassée, il se précipita sur le transistor. Sa main l'étreignit nerveusement. Apparemment il fonctionnait encore.
Les fantômes, messieurs dames ! On chasse les fantômes avec le bruit de nos médias ! On se pourrit la tête pour leur échapper. Tant qu'il y a du bruit, ils se tiennent tranquilles. Mais il ne faut jamais rester seul dans le silence...sinon on les sent arriver.
Jacky se releva péniblement. Ses yeux fixèrent la poignée de la porte.
Mais tous ceux qui ont un fantôme dans leur placard savent de quoi je parle ! Malheur à eux, et malheur à toi Jacky !
« Je vous jure que je voulais pas ! Elle est tombée toute seule ! »
Quand le silence s'empare du monde, Jacky, c'est l'heure de juger nos âmes !
« C'est elle qui s'est penchée et qu'a glissé dans l'eau, ça c'est sûr, oh oui, c'est sûr...c'est pas moi ! » Jacky se remit à pleurer. Ses yeux exorbités laissèrent s'échapper des larmes de sang.
Elle arrive Jacky. Elle arri...
La voix de la radio se fit plus faible. Elle devint presque inaudible puis finit par disparaître. Jacky se mit à trembler de tout son corps.
« Putain, t'arrête pas! Me lâche pas. ME LACHE PAS, MERDE! »
Il retourna le poste et ouvrit le compartiment à piles. Il les changea de place, et les fit rouler sur elles-mêmes. Du transistor sortit une petite voix qui mourut presque aussi tôt.
C'est l'heure du jugement Jacky...
Le silence envahit le petit hangar et Jacky n'entendait plus que sa lourde respiration.
Un bruit étrange lui parvint aux oreilles. Comme si un baigneur venait de sortir du lac.
A pas lents, la chose semblait s'approcher.
La terreur immobilisa Jacky au milieu du hangar.
Quelqu'un ou quelque chose tournait la poignée de la porte.
FIN
(peut être une nouvelle histoire dimanche prochain...)
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